Résultats de l'enquête sur le risque de suicide et d’idées suicidaires associés à la prise de finastéride comprimé 1mg

Le finastéride 1mg est utilisé dans le traitement des stades peu évolués de l'alopécie androgénétique chez l'homme. À la suite de nouvelles informations concernant le risque de suicide et d’idées suicidaires liées à ce produit, le Luxembourg a pris en novembre 2024 des mesures pour en informer les médecins spécialisés en dermatologie et vénérologie, ainsi que les médecins généralistes (MG). Il paraissait intéressant d’évaluer la connaissance de ce risque psychiatrique et l’impact de la communication ciblée.

 

Méthode

La DPM-PhV a lancé une courte enquête en ligne à la fin du mois d’avril 2025. L'objectif était de déterminer dans quelles mesures les professionnels de la santé ont connaissance des effets indésirables psychiatriques du finastéride ainsi que des mesures de minimisation de ce risque.

Résultats

Sur les 651 médecins contactés, 86 (13,2%) ont répondu à l'enquête, dont 67 MG (77,9%) et 19 dermatologues (22,1%).

Prescription de finastéride 1 mg

Parmi les médecins répondants, 32 (37,2%) déclaraient le prescrire, ce qui correspondait à environ un tiers (32,8 %) des MG et un peu plus de la moitié (52,6 %) des dermatologues (Figure 1).

Connaissance du risque psychiatrique

Parmi les médecins répondants, environ la moitié (n = 42) déclarait connaitre le risque de suicide et d’idées suicidaires du finastéride 1 mg, avec une proportion plus importante parmi les dermatologues (78,9%) que les MG (40,3%) (Figure 2).

Suivi psychiatrique des patients traités par finastéride 1mg

Parmi les 32 médecins prescripteurs de finastéride 1 mg ayant répondu, 6 (5 MG et 1 dermatologue) déclaraient réaliser un bilan ou un suivi psychiatrique à un moment donné. Certains rapportaient la mise en place d’un bilan préalable, d’autres un suivi au cours de la prise en charge, ou une combinaison des deux.

Evaluation de l’impact de la communication de sécurité envoyée par la DPM-PhV

À l’issue de la communication, un tiers (33,4 %) de l’ensemble des prescripteurs déclaraient avoir changé leurs habitudes de prescription en adaptant le traitement, tandis qu’une plus petite proportion (18,5 %) instaurait un suivi psychiatrique.

En revanche, 29,6 % ne mentionnaient aucune modification de leur pratique (Figure 3).

Discussion

Bien que l’analyse des résultats présente des limites liées notamment au faible nombre de répondants et aux possibles biais d’autosélection et de réponse, les données permettent d’identifier les éléments suivants :

  • La connaissance du risque psychiatrique lié à la prise de finastéride 1 mg reste à améliorer ;
  • Le suivi psychiatrique des patients traités par finastéride est peu pratiqué, avec des approches variées. Ce suivi mérite donc d’être fortement encouragé ;

La communication de sécurité de la DPM‑PhV semble avoir légèrement renforcé la vigilance des prescripteurs, mais avec un impact encore modéré, donc à renouveler.

Conclusion

La prescription de finastéride nécessite des précautions et un suivi régulier des patients sur le plan psychiatrique. Une carte destinée à votre patient pour l’informer sur ce risque est disponible dans chaque boite de médicament. Il est important d’en discuter avec lui lors de chaque consultation.

Ensemble, restons vigilants !

Plus d'information

Pour en savoir plus sur le finastéride, consultez le site de l’EMA Europe :

 

La DPM-PhV remercie les professionnels de santé pour leur participation et leur aide dans l’amélioration des pratiques et de nos communications sur le terrain.

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